L’OPINION :
La dimension sociale de la couverture médicale
Parmi les décisions importantes prises lors du conseil des ministres tenu à Dakhla le mois d’octobre 2002, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait donné sa Haute approbation au projet de loi relatif à la couverture médicale qui constitue, de par son impact sur le bien être de la population active, une mesure de garantie et un véritable rempart contre les aléas de la vie.
La concrétisation de ce grand chantier a débuté avec la signature de la Charte qui s’est déroulée le 4 janvier 2005 au Palais Royal d’Agadir. Elle couronne le résultat d’un long dialogue serein et responsable articulé autour d’une Charte qui prime les principes de la solidarité et de l’égalité et privilégie l’application stricte du code de la couverture médicale de base.
Cette action qui s’inscrit dans le cadre des multiples initiatives louables du Souverain, et des droits sociaux ainsi que la haute sollicitude dont il entoure l’ensemble des couches de la population, vise la consécration de la justice et de l’équité et la lutte contre la pauvreté.
Considéré comme étant l’un des piliers et fondements du concrétisé par l’actuel gouvernement, la couverture médicale, un projet qui date, avait pu obtenir son statut concret en 2002 lorsque l’ensemble des partenaires sociaux (syndicats, patronat, ministères, offices...) ont été associés à l’élaboration de ce projet prometteur.
L’aboutissement de cet important projet revêt une importance particulière du fait qu’il ouvre la voie au remodèlement d’un secteur longtemps jugé à risque par l’ensemble des destinataires des services de la santé tant, il est vrai, que les effectifs opérant dans le secteur (14000 médecins, 6000 pharmaciens...), le maigre budget alloué, l’absence d’une visibilité quant à la distribution des rôles des médecins des secteurs privé et public, n’ont pas permis jusqu’à ce jour une percée notable et une adhésion effective dans le processus des transformations positives que connaît le Maroc.
La couverture médicale qui s’assigne pour objectif d’assurer les soins aux différentes couches de la société et de trouver une solution au problème épineux du financement des services médicaux, constitue une expérience pilote qui profitera, dans un premier stade, à plus de 18 % des démunis ainsi qu’aux étudiants. En somme, il s’agira de trouver un consensus social en faveur d’un domaine touchant à la santé et à la vieillesse, en concordance avec les normes internationales qui stipulent notamment dans l’Article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 que : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que les services sociaux nécessaires ; Elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse... » . Que tout un chacun ait le courage de changer et d’adhérer à ce pouvoir de transformation initié par le Souverain , et ce afin de permettre à tous les Marocains de mener une vie descente conformément aux droits et aspirations du peuple marocain.
Par ailleurs, il est indispensable de compléter cette initiative par la mise au point d’une véritable carte sanitaire du pays, où seront répertoriés les équipements disponibles ainsi que les besoins en matière de santé dans les différentes localités urbaines et rurales du Royaume. Et ce afin de pouvoir procéder effectivement au transfert de compétences au niveau régional
En définitive, il en est de la solidarité organisée de la société, véritable instrument d’épanouissement et de développement du citoyen marocain, c’est pourquoi il nous faut faire preuve d’une volonté sincère d’innovation, de respect des orientations du domaine social contenues dans le programme gouvernemental.
Car finalement, cette loi consacre les principes de solidarité et d’équité dans le cadre de l’égalité entre toutes les catégories sociales et ce par la prise en charge sociale et solidaire des financements de santé qui se distinguent par la faiblesse des dépenses globales (4,5 du PIB) et la forte contribution des ménages à ces dépenses (60 % de la consommation médicale d’un montant global qui dépasse les 15 milliards).
Par Me Mohamed BELMAHI
Edité le: samedi 8 avril 2006.